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L'aventure, c'est l'aventure !

  • Une histoire de guerrier volant

    Vendredi dernier, 13 heures. Nous sommes à Aix les Milles, par une journée fraîche mais au ciel dégagé. Avec le pilote, je rejoins le Piper-PA Warrior III qui se trouve devant le hangar de l'aéroclub. Malgré le nom, l'appareil n'a rien de guerrier : c'est un petit biplace ultra-léger. Je souris, mais je ne suis pas rassuré. Dans cinq minutes, c'est moi qui vais le piloter. Je suis là pour effectuer un stage de pilotage que m'a offert ma famille. Jérôme (le pilote) et moi faisons le tour de l'avion pour vérifier que tout est en ordre. Les deux ailes sont là, tout va bien. Nous nous hissons à bord et je découvre le tableau de commandes, passablement incompréhensible. Mais je n'ai pas à m'inquiéter : je ne devrai pas m'occuper de tous ces boutons pour ce vol de découverte. Nous enfilon nos casques et les branchons. Après avoir contrôlé leur bon fonctionnement, nous mettons nos ceintures et posons les mains sur les commandes. Tout est en place. Jérôme prend contact avec la tour de contrôle et cette dernière nous autorise à décoller. Nous faisons glisser l'appareil jusqu'en bout de piste (cette partie s'appelle le roulage). Le décollage est imminent. C'est Jérôme qui le prendra en charge. Je conserve les mains sur le manche pour suivre le moindre de ses mouvements. Etant donné qu'il s'agit d'un appareil de formation, toutes les commandes ont été doublées. Finalement, Jérôme met les gaz et l’avion s'élance à une petite centaine de km/h. Légère traction sur le manche et un instant plus tard, notre avion quitte le plancher des vaches. Une sensation incroyable. Nous nous élevons immédiatement en altitude, et la sensation de vitesse finit par disparaître. C'est à mon tour de prendre les commandes. La simplicité avec laquelle l'appareil se pilote est sidérante. Le pilotage est intuitif, même un gosse pourrait s'en sortir. Jérôme me conseille de continuer à monter et nous grimpons bientôt à environ 2000 pieds. Le sol est loin en dessous de nous. Le temps est au beau fixe et la vue est splendide. Mais je reste concentré sur le pilotage et ne regarde pas trop le paysage en contrebas. Jérôme m'annonce que le moment est déjà venu de revenir. J'étais si concentré que je n'ai pas vu la demi-heure passer ! Lorsque nous arrivons en vue de l'aéroclub, la tension monte d'un coup dans le cockpit. Le plancher semble foncer vers nous à toute vitesse. Jérôme reprend les commandes au dernier moment et, quelques secondes plus tard, le petit Warrior III a retrouvé l'aéroclub. Ce stage exceptionnel m'a beaucoup intéressé et je m'imagine déjà réitérer un jour ou l'autre. Habitué comme j'étais aux avions de ligne, j'étais loin d'imaginer les sensations que procurait un vol dans un appareil aussi léger. Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de cette activité de pilotage avion.

  • Ferroviaire : la mise en œuvre de la réforme de 2014

    Les députés Gilles Savary et Bertrand Pancher ont établi en 2016 un bilan d’étape de la réforme ferroviaire. Leur conclusion est positive, soulignant globalement la pertinence de l’organisation mise en place, et le caractère vertueux des principales dispositions de la loi, notamment concernant le renforcement des compétences et des prérogatives du Régulateur, l’obligation faite à l’État de rationaliser ses choix publics, notamment d’investissement, à travers la mise en œuvre de contrats d’objectifs et de la règle d’or, et le principe de négociations de branche et d’entreprise, sans préjudice du statut des cheminots. Ils soulignent néanmoins les interrogations d’un certain nombre d’acteurs, en particulier le régulateur. Celui-ci a interpellé l’Etat quant à la lenteur de la mise en œuvre de la réforme (RSO publié en janvier 2017, contrats Etat-SNCF signés en mars 2017, publication tardive du décret sur la règle d’or…). Il considère également que l’indépendance du gestionnaire d’infrastructure unifié est insuffisante, et conteste le rôle de l’EPIC de tête, à la fois sous l’angle des missions qui lui sont confiées (notamment en matière de sécurité et de coordination de la gestion de crise) et de son efficacité (économies permises par la mutualisation). Les deux députés pointent également les risques de « déconstruction » de la réforme, avec notamment l’échec de la négociation du nouveau cadre social d’entreprise de la SNCF (au regard de l’objectif de le rapprocher de celui de la branche), les promesses du gouvernement en matière de grands projets ferroviaires, incohérentes avec l’objectif de maîtrise de l’endettement, et le contournement de la règle d’or, la restriction de son champ d’application aux seules « lignes nouvelles », excluant de fait une grande partie des projets des Contrats de Plan Etat Régions (CPER). Ils soulignent enfin que la réforme de 2014 laisse de côté plusieurs sujets majeurs pour l’avenir de la SNCF et du système ferroviaire : traitement de la dette ferroviaire, choix d’investissement et stabilisation de leur programmation, financement du système, statut des gares, politique du fret, etc. Enfin la question du statut d’EPIC de SNCF Mobilités devra être examinée pour tenir pleinement compte des conséquences de l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne (C.J.U.E.) du 3 avril 2014.

  • La logique de redistribution

    Même si je ne suis pas franchement touché, le principe même de l'impôt sur la fortune ne laisse pas de me gêner. Taxer deux fois la même personne me semble une aberration. Vous saisirez donc qu'il m'a fallu pas mal de patience lorsque, lors d'un colloque à Barcelone mardi dernier, un collaborateur m'a affirmé qu'il fallait imposer encore plus les riches... Son propos m'a paru non seulement très naïf, mais en plus très convaincu (à défaut d'être convaincant). Selon mon expérience, les impôts, tout comme les aides sociales, contribuent à affaiblir l'ardeur au travail. Et on peut même dire que ce raisonnement s'applique tant à celui qui paye le fisc qu’à celui qui jouit d'aides sociales ! C'est simple : une volonté trop forte d’égalité contribue à anéantir la capacité de croissance de la société. Une trop grande redistribution des richesses donne au final une richesse moins importante. D'une certaine manière, le simple fait de prendre le couteau et de signaler qu'on projette de scinder le gâteau suffit à le faire rapetisser. Si survient une difficulté économique, celui qui s'obstine à prêcher l'imposition contribue à faire décamper les membres les plus productifs de la société. Les habitants les plus innovants et les plus travailleurs, parce qu'ils sont surtaxés, sont dissuadés de collaborer à la richesse. Les habitants les moins productifs, qui sont aussi les plus entretenus, sont tout autant enclins à ne pas concourir à cette richesse. Et tout indique d'ailleurs que d'ici quelques années, cette difficulté sera très ardue à résoudre. Le choix est simple : il faut choisir entre davantage de prospérité et moins de désir de redistribution, ou davantage d'égalité, ce qui peut entâcher définitivement la réalisation de cette richesse. Attention, ces observations ne sont pas pour autant une harangue contre la redistribution. Une disparité excessive n’est résolument pas souhaitable. Dans un monde où l'inégalité prend le pas, la séparation qui sépare les privilégiés des plus démunis mène à des débordements sans fin. Mais je continue à dire qu'une recherche immodérée d’égalité, lorsqu'elle se base sur l'imposition, met à mal la croissance économique. Il y a tout intérêt à ne pas glisser dans l'un ou l'autre excès. Mais s'il y a bien une chose que j'ai pu percevoir durant ce colloque à Barcelone, c'est que ce sujet attise les extrêmes ! Pour plus d'informations, allez sur le site de de l'organisateur du séminaire à Barcelone et trouvez toutes les infos.