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  • La logique de redistribution

    Même si je ne suis pas franchement touché, le principe même de l'impôt sur la fortune ne laisse pas de me gêner. Taxer deux fois la même personne me semble une aberration. Vous saisirez donc qu'il m'a fallu pas mal de patience lorsque, lors d'un colloque à Barcelone mardi dernier, un collaborateur m'a affirmé qu'il fallait imposer encore plus les riches... Son propos m'a paru non seulement très naïf, mais en plus très convaincu (à défaut d'être convaincant). Selon mon expérience, les impôts, tout comme les aides sociales, contribuent à affaiblir l'ardeur au travail. Et on peut même dire que ce raisonnement s'applique tant à celui qui paye le fisc qu’à celui qui jouit d'aides sociales ! C'est simple : une volonté trop forte d’égalité contribue à anéantir la capacité de croissance de la société. Une trop grande redistribution des richesses donne au final une richesse moins importante. D'une certaine manière, le simple fait de prendre le couteau et de signaler qu'on projette de scinder le gâteau suffit à le faire rapetisser. Si survient une difficulté économique, celui qui s'obstine à prêcher l'imposition contribue à faire décamper les membres les plus productifs de la société. Les habitants les plus innovants et les plus travailleurs, parce qu'ils sont surtaxés, sont dissuadés de collaborer à la richesse. Les habitants les moins productifs, qui sont aussi les plus entretenus, sont tout autant enclins à ne pas concourir à cette richesse. Et tout indique d'ailleurs que d'ici quelques années, cette difficulté sera très ardue à résoudre. Le choix est simple : il faut choisir entre davantage de prospérité et moins de désir de redistribution, ou davantage d'égalité, ce qui peut entâcher définitivement la réalisation de cette richesse. Attention, ces observations ne sont pas pour autant une harangue contre la redistribution. Une disparité excessive n’est résolument pas souhaitable. Dans un monde où l'inégalité prend le pas, la séparation qui sépare les privilégiés des plus démunis mène à des débordements sans fin. Mais je continue à dire qu'une recherche immodérée d’égalité, lorsqu'elle se base sur l'imposition, met à mal la croissance économique. Il y a tout intérêt à ne pas glisser dans l'un ou l'autre excès. Mais s'il y a bien une chose que j'ai pu percevoir durant ce colloque à Barcelone, c'est que ce sujet attise les extrêmes ! Pour plus d'informations, allez sur le site de de l'organisateur du séminaire à Barcelone et trouvez toutes les infos.

  • Les vieux amis

    L’antenne locale des Petits frères des pauvres lance un appel aux bénévoles pour étoffer son champ d’action. Il n’avait pas vu la mer depuis les années 1970. L’été dernier, avec trois autres « vieux amis » — c’est comme ça qu’on les appelle — ce monsieur de 87 ans suivi par les Petits frères des pauvres de Sartrouville a quitté son foyer Sonacotra pour profiter d’une semaine dans le Morbihan. Cet autre « vieil ami », isolé dans son appartement, n’avait pas partagé une vraie conversation depuis dix ans avant de recevoir les visites d’Ester, bénévole depuis deux ans. « Des fleurs avant le pain » : c’est le mot d’ordre de cette association nationale née au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait alors de développer un réseau de volontaires pour distribuer des repas aux personnes âgés, alors que les tickets de rationnement étaient encore en vigueur. « Les bénévoles se sont très vite aperçu que les bénéficiaires avaient certes besoin de manger, mais qu’ils étaient surtout ravis de parler. Des fleurs avant le pain, cela signifie que l’accompagnement relationnel doit primer », résume Cécile Zandvliet, coordinatrice des antennes de Sartrouville, Saint-Germain-en-Laye et Mantes-la-Jolie. Active depuis trois ans, l’antenne de Sartrouville suit une vingtaine de personnes âgées et réunit seize bénévoles. Elle vient d’achever sa « phase de rodage » et d’obtenir le statut d’équipe d’action territoriale. En plein développement, l’antenne recherche des bénévoles pour étoffer son champ d’action *. « Les signalements de personnes âgées isolées ne cessent de croître. Nous avons besoin de chauffeurs pour les sorties, de personnes pour gérer l’administration, de volontaires pour les visites à domicile », détaille Cécile Zandvliet. L’accompagnement repose sur des binomes bénévole-bénéficiaire, avec un engagement obligatoire d’un an. « Quand on entre dans la vie d’une personne âgée, on n’en sort pas du jour au lendemain. Petit à petit, elle fait partie de notre vie